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Rassemblement pour l'Indépendance et la Souveraineté de la France |
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L'Union Européene et la Russie Les cercueils d’Afghanistan : les fautes de Bush bis Genèse de l’armement nucléaire français L’éclatement de la Belgique : quelle attitude pour la France ? |
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L'Union Européene et la Russie par Jean-Paul BLED, Président d'Honneur du RIF |
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L’Union européenne hausse le ton face à la Russie. Il n’est pas certain que Moscou en soit impressionné. Il faut cependant noter et regretter qu’après avoir commencé par montrer au départ une retenue légitime, Nicolas Sarkozy est à son tour entré dans la spirale de la rhétorique anti-russe. Les remontrances américaines après son accord avec le Président Medvedev n’y sont évidemment pas étrangères. D’autre part la décision de geler les négociations sur le partenariat économique et politique avec la Russie révèlent le poids croissant des Etats de l’Europe orientale et baltique dans la définition de la politique de l’Union avec la Russie. Déjà l’opposition de la Pologne avait bloqué une première fois ces négociations. Dans la crise ukrainienne, la France avait su éviter d’épouser les querelles de ces Etats. Il serait dangereux qu’elle se laisse entraîner maintenant dans une politique de confrontation avec la Russie manifestement contraire à ses intérêts. Face à ces inquiétantes dérives, la France doit réserver sa liberté de décision et d’action. |
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par le Colonel Alain CORVEZ , Vice-Président du RIF, Conseil en Stratégie |
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Depuis l’effondrement du bloc soviétique, les Etats-Unis ont le projet d’imposer à la planète le modèle américain de démocratie, qui devrait leur permette de contrôler l’ensemble des ressources mondiales en matières premières. Première puissance économique et militaire du monde, ils n’acceptent aucune rivalité à cet égard et, s’affranchissant des oppositions de l’ONU et des lois internationales, interviennent partout où ces objectifs sont contrariés, sous prétexte de lutte contre les terroristes qui, depuis les montagnes d’Afghanistan, auraient organisé et minuté les savantes attaques du 11 septembre 2001. Utilisant l’OTAN pour lier les pays européens dans une alliance occidentale solidaire de leurs vues, et qu’ils s’efforcent d’étendre sans cesse aux marches de la Russie et de la Chine qui n’acceptent pas cette hégémonie, ils subventionnent toutes les révoltes nationalistes ou religieuses qui peuvent s’opposer à ces deux grandes nations pour les affaiblir. Les diverses révolutions « orange » et tibétaines en sont l’illustration, relayée par une presse à leur dévotion. La guerre du Caucase déclenchée le 7 août par le Président Géorgien est le résultat de cette stratégie. Les Etats-Unis, comme par défi, veulent intégrer dans l’Otan ce petit pays traditionnellement dans la sphère d’influence de Moscou, ainsi que l’Ukraine, comme ils ont intégré les anciens satellites de l’Union Soviétique. Mais la puissance Russe, en partie reconstituée, a décidé de mettre un terme aux empiètements répétés de l’Amérique en utilisant les atouts dont elle dispose localement, les populations d’Ossétie et d’Abkhazie qui lui sont favorables, et le précédent illégal et odieux du Kosovo. Il s’agit d’un tournant des équilibres mondiaux car tout indique que la Russie ne reculera plus et que les Etats-Unis et son valet l’Union Européenne ne pourront pas empêcher que l’hégémonie américaine soit bloquée, peut-être de façon irrémédiable. Il est en effet lamentablement ridicule que l’UE déclare le gel du processus de partenariat renforcé avec la Russie quand elle est la première à en pâtir, bien plus que la Russie qui détient beaucoup de nos ressources énergétiques. Une presse aux ordres de Washington ne fait que décrire la Russie comme une menace pour nos intérêts et notre sécurité alors que tout devrait inciter les Etats européens à s’affranchir de la tutelle américaine et à se rapprocher de leur puissant voisin de l’est, vers lequel tout devrait les amener à commercer et à coopérer pour le règlement des problèmes du monde et la sécurité de leurs approvisionnements. Surtout depuis que la nouvelle Russie affirme son identité et ses intérêts, marquant par cette guerre du Caucase qu’elle n’acceptera plus les atteintes à sa souveraineté. Le Droit international, bafoué par les multiples interventions américaines dans le monde, reprendra peut-être sa place dans les relations entre les Etats. |
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Les cercueils d’Afghanistan : les fautes de Bush bis par Jean-Paul BLED, Président d'Honneur du RIF |
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Le drame de la vallée de Tagab était malheureusement prévisible. La France paie au prix fort dans la chair de ses soldats les conséquences de son alignement sur les Etats-Unis. Nicolas Sarkozy avait pourtant annoncé, durant le temps de sa campagne électorale, qu’une fois à l’Elysée, il la désengagerait d’Afghanistan. Il n’a pas fallu longtemps pour vérifier qu’il ne s’agissait que d’une promesse électorale en totale contradiction avec sa volonté d’effacer la politique d’indépendance de la France vis-à-vis de Washington. Les limites de sa mission en Afghanistan avaient été clairement fixées à l’armée française. Elle devait contrôler Kaboul et participer à la formation de l’armée afghane. Malgré les pressions de George W. Bush, Jacques Chirac s’était refusé à élargir cet engagement. Nicolas Sarkozy ne s’est pas tenu à cette sage politique. Au printemps dernier, il annonçait, à Bucarest, le prochain retour de la France dans l’OTAN. En parallèle, la décision était prise de renforcer le dispositif militaire français en Afghanistan et d’en élargir les missions. Des militaires français prendraient la place d’unités américaines dans certaines zones de combat. C’est exactement ce qui s’est passé dans la zone où dix de nos soldats ont été tués. A-t-on remarqué par ailleurs comme Nicolas Sarkozy joue au clone de George W. Bush ? Ce mimétisme est frappant dans les mots et les arguments qu’il emploie pour justifier sa politique. A Kaboul, il a appelé les soldats français à « continuer le travail » (« the job » dit George W. Bush). L’armée française, explique-t-il, est engagée en Afghanistan pour y défendre la « liberté » et la « démocratie ». On croit entendre le président américain face au conflit irakien. Il faut dans un premier temps que la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles ces dix jeunes soldats sont morts. Les témoignages des survivants contredisent la version officielle avancée par le ministre de la Défense dès l’annonce de la nouvelle. Nos soldats ont-ils été aussi victimes d’erreurs de l’aviation américaine ? La question mérite d’autant plus d’être posée qu’il y a des précédents. On se rappelle comment des militaires canadiens furent tués par des tirs « amis ». Il faut ensuite qu’un vaste mouvement s’organise pour exiger l’arrêt de cette politique. Déjà, à l’annonce de l’envoi de nouveaux contingents en Afghanistan, une large majorité de l’opinion s’y était déclarée hostile. L’histoire nous apprend que jamais une intervention militaire étrangère n’a été victorieuse en Afghanistan. Les Anglais, puis les Soviétiques en ont fait l’expérience. Faudra-t-il que la liste des cercueils s’allonge pour que le pouvoir se rende à cette évidence ? |
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Genèse de l’armement nucléaire français par le général Pierre-Marie GALLOIS |
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Pour être compris, un des aspects de la genèse de l’armement nucléaire français – et des plus décisifs – doit être évoqué dans le cadre du rapport de forces qui prévalait à la fin de la Seconde guerre mondiale. Celui-ci était ainsi caractérisé :
Et la France ?
La bombe soviétique en 1949 allait tout changer. Après trois ans de travail, un document inspiré par nos études fut officiellement approuvé par le Conseil atlantique. Je préparais un texte et les tableaux illustratifs correspondants en comparant, en fonction du passage des ans, d’une part, la nature et l’ampleur du risque pris par les Etats-Unis à recourir à l’atome au profit de l’Europe et, d’autre part, la valeur évolutive de cette Europe, du moins appréciée par les Etats-Unis. Et je fixais au début des années 60 le moment où recourir à l’atome pour défendre l’Europe de l’ouest apparaîtra exorbitant, l’U.R.S.S. ayant les moyens, en représailles, de détruire les Etats-Unis. Ainsi, l’arme atomique sera réservée à la défense du vital, Et c’est ainsi que, par l’intermédiaire de Chaban-Delmas, un ami, je demandais à être reçu par le Premier ministre, à l’époque Guy Mollet (soirée du 14 au 15 mars 1956 à Matignon, presque jusqu’à l’aube). Cette rencontre a été maintes fois évoquée. En substance, l’échange de vues a été le suivant : « Oui, Monsieur le Président, il faut y aller, les jours sont comptés. »
- Or, je fais la guerre en Algérie, je ne réduis pas les impôts et vous voudriez, qu’en outre, je fasse la « bombe » ? » A ce point du débat, Chaban-Delmas intervint : « Gallois a raison, il faut lever le voile, cesser les ambiguïtés. La population doit savoir le véritable objectif de nos travaux sur la désintégration de la matière… nos alliés, d’ailleurs, nous y engagent… » Passé une heure du matin, Guy Mollet céda… « On va la faire, votre sacrée bombe » déclara-t-il . J’appelle au téléphone Bourgés-Maunoury – alors ministre des Armées – pour qu’il voit de suite. Gallois et ses documents. Au lendemain de l’entretien de Matignon, j’en rendis compte au général Norstad. Celui-ci m’engagea à rencontrer le général De Gaulle et de lui détailler les particularités de l’ère nucléaire.
C’était l’essence de ce que j’appelais la « dissuasion proportionnée ». L’échange de vues se prolongea tard dans la nuit. Le général y mit un terme : « Allez vous reposer, il est tard… Je veillerai sur votre carrière », me dit-il en me serrant la main. Je rendis compte au général Norstad de l’intérêt qu’avait manifesté le général De Gaulle et il en fut satisfait. Dans le contexte de l’époque, cette attitude était inattendue en raison des réticences officielles américaines quant à la « nucléarisation » de la France et des idées politiques prêtées au général De Gaulle. Mais Norstad exerçait son haut commandement avec passion. Il s’agissait de défendre l’Europe de l’ouest de toute agression et à juste titre, il estimait que seule l’intimidation du géant soviétique pouvait imposer le non recours à la force. Plus particulièrement, Norstad avait épousé la cause de la France, lui accordant une priorité que Washington ne lui donnait pas. D’où une certaine ambiguïté dans ses rapports avec l’administration centrale américaine. A cet égard, au moins, dans une modeste mesure, j’eus une certaine influence sur lui. Je travaillais directement sous ses ordres et le voyais quotidiennement, plusieurs heures, le matin. A sa grande intelligence, il ajoutait une constante disponibilité, accordait une attention soutenue aux propositions de ses subordonnés et manifestait une grande rigueur morale… un chef que l’on aimait servir. A ses préoccupations stratégiques et aéronautiques - il commandait l’aviation de l’OTAN - , Norstad joignait un intérêt surprenant pour la vie économique et sociale des pays européens, spécialement, d’ailleurs, de la France. En l’occurrence, avocat des Alliés plus que de Washington, il brisa sa carrière pour défendre ses idées. … « J’ai d’abord rencontré Mac Namara. Il m’accueillit chaleureusement, me félicitant pour le bon travail effectué à la tête de l’OTAN où j’étais irremplaçable… Mais, ajouta-t-il, quel malheur, pour l’Alliance et les Etats-Unis spécialement, que vous soyez malade
« Quittant le Pentagone, je me rendis à la présidence. Kennedy se montra encore plus chaleureux que Mac Namara. D‘après lui, grâce à moi, la conduite des affaires de l’OTAN était un succès. Tous les dirigeants des Alliés chanteraient mes louanges et j’avais beaucoup fait pour le prestige et le « leadership » des Etats-Unis… Mais, hélas, j’étais malade et ne pouvais mener à bien l’importante mission qui m’avait été confiée. Il me fallait du repos et des soins ». Donc, Norstad aborda la vie civile, occupant des postes élevés dans diverses sociétés : « Corning glass », North West Airlines… Il avait trop bien rempli sa mission : défendre l’Europe de l’ouest, engageant à cet effet l’Amérique dans une politique plus conforme aux intérêts européens qu’à son pays. |
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L’éclatement de la Belgique : quelle attitude pour la France ? par Albert SALON, ancien Ambassadeur |
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L’accélération des évolutions politiques en Belgique requiert un intérêt fortement accru de la part de « la France ». A condition de préciser de quelle France il s’agit. L’attitude de notre pays doit se fonder, au-delà des faits connus, sur les mouvements des esprits à l’intérieur de l’actuel Royaume. Les attentes de nos voisins du Nord ? : - une grande espérance chez une forte majorité de Flamands en Flandre (et certains des Flamands très minoritaires à Bruxelles) qui voient fortement croître les chances de constituer l’Etat flamand de leurs vœux, indépendant, débarrassé du Roi et surtout des Wallons, le seul grand problème à leurs yeux restant Bruxelles (ville et région « en Flandre ») et les Bruxellois (qui restent à environ 90% francophones) ; Quelle France doit (peut ?...) réagir, et comment ? - La France officielle ? Il est préférable qu’une solution de rapprochement-réunion, quelle qu’en soit la forme : Etat wallon indépendant avec traité d’étroite alliance, confédération, fédération, ou intégration comme régions(s) (très) autonome(s), finisse par être vraiment sciemment voulue par une forte majorité des principaux intéressés. Elle sera d’autant plus solide et durable. C’est donc à la France non-officielle d’agir, de lancer les signaux forts attendus par des Français patriotes, des Wallons réunionnistes et, peut-être, des hésitants. Mais avec une relative discrétion, et en invoquant beaucoup plus l’histoire commune, et les mouvements des personnes et de l’économie, que l’ethnie ou la « race » qui n’ont guère de sens chez nous, au nord comme au sud. Dans nos communiqués et argumentaires, il faudrait en tout cas rappeler avec insistance que : - La Belgique a été longtemps vantée aux Français comme un modèle d’Union européenne, d’une Europe harmonieuse en réduction ; la réussite de la Belgique était liée à la réussite de l’Union, et réciproquement. Bruxelles n’était-elle pas présentée comme la capitale naturelle des deux ?... |
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par le Colonel Alain CORVEZ , Vice-Président du RIF, Conseil en Stratégie |
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NOTE LIMINAIRE. La commission du Livre Blanc ne pouvait mener une réflexion stratégique clairvoyante et indépendante puisqu'elle est partie d'a priori atlantistes, posant en prémisse à ses raisonnements que la France, n'ayant plus les moyens budgétaires d'avoir une armée de premier rang, devait se fondre dans le supranational. En l’établissant, le Président de la République lui fixait d’adapter l’outil militaire aux restrictions budgétaires, à la réintégration de l’organisation militaire de l’OTAN et à l’établissement d’une Défense européenne avec l’interopérabilité qui devait en découler. REFORME DE LA DEFENSE. La présentation qui a été faite par le Président de la République et le Ministre de la Défense des importantes réformes qui vont concerner notre Défense Nationale, décidées unilatéralement, c’est-à-dire sans consultation de l’Assemblée Nationale et notamment de sa Commission ad hoc, est de la poudre aux yeux qui dissimule, derrière une volonté louable de réflexion stratégique, de modernisation des équipements et d’amélioration de la gestion, une diminution si importante de notre effort de Défense que nous serons relégués en la matière en une puissance de deuxième, voire troisième rang. Tous les militaires et tous les experts réclamaient depuis plus de dix ans une réforme de la réflexion stratégique et une revalorisation de l’outil militaire, ses chefs devant chaque jour gérer un peu plus la pénurie dans tous les domaines et employer des matériels usés. Sous prétexte d’économies, les décisions annoncées diminuent le total de l’enveloppe du budget et procèdent à des coupes sombres dans les effectifs, alors qu’on demande chaque jour un peu plus à nos Armées d’intervenir à l’étranger sur des théâtres qui se multiplient sans fin. Les programmes d’équipements des trois Armées sont revus à la baisse et de ce fait nous n’aurons plus les moyens des ambitions annoncées, même si celles-ci sont présentées comme devant s’intégrer dans une Europe de la Défense utopique et dans une OTAN « symbole d’une communauté de valeurs et d’intérêts transatlantiques », ce qui est totalement faux et que, bien entendu, aucun membre de la Commission du Livre Blanc n’a osé dire. En résumé, avec l’application des mesures annoncées, nous serons sans doute mieux renseignés sur les menaces qui nous feront face mais nous n’aurons pas les moyens d’y répondre. Sur le plan de la coopération internationale nous n’aurons plus le poids suffisant pour imposer nos vues, en Europe comme ailleurs dans le monde, et notre rôle dans l’OTAN se résumera à celui de supplétifs des décideurs anglo-saxons. Cette réforme est mauvaise et nous fera perdre encore plus notre rang dans le monde pour devenir les seconds couteaux des forces américaines dont nous dépendrons alors pour défendre nos intérêts vitaux s’ils étaient sérieusement menacés n’importe où sur la planète. Et c’est justement lorsqu’on baisse sa garde que les attaques se manifestent. Dissuader un quelconque ennemi consiste d’abord à montrer sa force pour ne pas avoir à s’en servir. Le Président de la République, qui devrait tenir fermement l’épée de la France, l’abandonne à des chimères supranationales parce qu’il ne croit plus à l’avenir du pays, sous des prétextes budgétaires inacceptables quand il s’agit de notre existence en tant que nation libre et indépendante. Alain Corvez. 25 juin 2008 (1).Défense : petite manip budgétaire |
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La France-Le Monde-L’OTAN-L’Afghanistan par le Colonel Alain CORVEZ , Vice-Président du RIF, Conseil en Stratégie |
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1. La France, du fait de son passé qui la lie au reste du monde, de son ancien empire colonial avec lequel elle a conservé des liens étroits d’amitié et d’intérêts, portés par le vecteur unique qu’est la langue française et l’Organisation Internationale de la Francophonie où une soixantaine de pays ( 55 membres ou associés et 13 observateurs) apportent en général à chaque sommet annuel leur soutien à notre pays, ne peut être comparée à aucun autre pays au monde quant à son rôle dans le monde, ses ambitions et ses devoirs. Il est donc illusoire de vouloir juger son action à l’aune de celle des autres pays, particulièrement des autres Etats européens pour l’Union Européenne, ou des autres Etats occidentaux pour l’alliance atlantique dont elle est membre fondateur et à part entière. 2. Dans cette conjoncture, les débats sur le retour de la France dans l’organisation militaire intégrée de l’OTAN prennent parfois un tour surréaliste. D’abord parce que si vous interrogez les militaires français ils vous diront pour la plupart que ce retour est consommé et qu’il reste juste à l’entériner officiellement pour nous donner la place et les postes qui nous reviennent. Et ils ont raison, car cette confirmation officielle est déjà annoncée par nos dirigeants et par l’Ambassadeur des Etats-Unis à Paris, Craig Stapleton, qui s’en félicite et nous félicite : elle aura lieu à Strasbourg-Kehl en avril 2009 au sommet anniversaire de la création de l’Alliance, il y a soixante ans à Washington, le 4 avril 1949. Au passage on remarque que les forcenés de l’abolition des frontières se plaisent à considérer la ville française et l’allemande séparées par le Rhin comme une seule entité européenne. 3. Et c’est justement cette notion d’Occident qui devient dangereuse et qu’Emmanuel Todd dénonce comme une idéologie, « l’occidentalisme », qui vise à instaurer partout dans le monde les vertus du libéralisme et de la démocratie pour élargir sans cesse les marchés de la libre entreprise et contrôler les sources de l’énergie indispensable à son fonctionnement. Et l’on assiste à des guerres illégitimes se parant de vertus morales et de Droits de l’homme, sous des prétextes qui s’avèrent ensuite faux sans que les bons esprits s’en émeuvent outre mesure, pour mettre la main sur des pays où les habitants médusés se voient obligés d’abandonner leurs coutumes ancestrales au nom de la liberté. Finalement, les libertaires maoïstes de mai 68 qui voulaient « interdire d’interdire » au nom de la liberté inaliénable de l’individu, donc contre les structures, contre la morale, contre les mœurs, contre toute hiérarchie y compris familiale, contre le passé, c’est-à-dire l’Histoire, contre les frontières et pour résumer, contre l’Etat, remportent aujourd’hui leur victoire en ayant convaincu les plus forts que le libéralisme ferait le bonheur de l’humanité, apporterait la paix puisque les frontières auraient disparues et que les conflits d’intérêts seraient résolus par la négociation dans un monde idéal. 4. L’Otan a eu sa raison d’être rationnelle à l’époque des deux blocs, même si de Gaulle a su préserver notre liberté d’action tout en restant membre. Elle n’en a plus depuis l’effondrement de l’URSS et est devenue le bras armé de cet occidentalisme dirigé par les Etats-Unis auquel s’associe l’UE, rangeant l’ONU au rang des accessoires nuisibles puisque souvent porteuse de messages de désaccord de nations opposées à cette panacée. Si nous ne voulons pas être associés à la campagne regardée par les musulmans du monde comme anti islamique, il faut nous en désolidariser clairement. Le Président français se trompe en croyant faire avancer la défense européenne par le biais d’un retour de nos armées dans le dispositif militaire de l’Alliance, puisque les autres pays européens n’en veulent pas, et l’Amérique non plus qui veut utiliser l’OTAN qu’elle contrôle pour inclure l’Europe dans cette défense occidentale ; et il se trompe aussi lorsqu’il pense pouvoir garder sa liberté de manœuvre : on lui fait des sourires pour l’amener à fournir une participation plus importante dans les conflits où l’Alliance est engagée, et notamment en Afghanistan, mais jamais la France ne serait autorisée à se désolidariser d’un conflit que son peuple désapprouverait mais qui serait décidé par la superpuissance. Enfin, la dissuasion nucléaire ne se partage pas. Or, la nouvelle doctrine d’emploi des forces préconisée par les cinq anciens chefs d’Etats-majors des Armées des Etats-Unis, Royaume Uni, Allemagne, Pays Bas et France, prévoit l’emploi de frappes nucléaires appelées préemptives pour lutter contre le terrorisme : absurdité terriblement dangereuse qui vise à assurer la maîtrise américaine sur la chaîne du commandement. Dangereuse car l’engrenage de la violence nucléaire ne se contrôle plus lorsque la réaction en chaîne est amorcée. L’atome a assuré la paix depuis qu’il existe parce que son emploi est et doit demeurer impossible. 5. Les déclarations du Président Poutine dénonçant la politique d’élargissement de l’OTAN à des pays traditionnellement dans l’ère d’influence russe, comme l’Ukraine ou la Géorgie, sont parfaitement justifiées. Le fin stratège a, depuis, rappelé qu’il avait soutenu les frappes initiales américaines en Afghanistan après le 11/9/2001 en offrant des soutiens logistiques. Pour déjouer les plans américains, il a offert de participer à la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (FIAS). Apparemment il n’a pas eu de réponse pour l’instant, les Etats-Unis ne sachant quelle posture adopter face à cette offre généreuse et volontairement embarrassante, comme pour celle de l’exploitation en commun du radar géant russe d’Azerbaïdjan pour contrer l’installation de missiles américains à longue portée en Pologne et République Tchèque, offre repoussée sous des prétextes oiseux. 6. L’AFGHANISTAN est un théâtre d’opérations injustifiées et illégales car les motifs de guerre sont faux : la coalition ne combat pas des terroristes mais des résistants Afghans de différentes ethnies même si les pachtouns sont les plus nombreux et divisés. Appuyés sur la population des différentes tribus, les « peshmergas » mènent une guerre contre l’envahisseur au nom de valeurs patriotiques, même si l’islam, majoritairement sunnite mais loin d’être unifié, instrumenté depuis longtemps par les services spéciaux pakistanais (ISI) avec la bénédiction des services américains, vient se superposer aux motivations nationales et fédère les différents mouvements. L’intermède caricatural des Talibans lapideurs de femmes adultères et destructeurs de bouddhas, portés au pouvoir grâce à l’appui des Américains et des Pakistanais avant l’attaque de 2001,ne se reproduirait pas si on laissait les forces tribales s’équilibrer et si l’ONU apportait une aide économique,alimentaire et culturelle qui reviendrait moins chère que la poursuite d’une intervention militaire qui ne peut que s’enliser et multiplier les morts de part et d’autre. Ensuite, s’il est vrai que la culture du pavot s’y est à nouveau développée (alors que les Talibans au pouvoir l’avaient pratiquement éradiquée), est-ce le rôle de l’OTAN ou de la France d’aller y guerroyer pour ce motif ? Cette guerre est vouée inéluctablement à l’échec, comme celle d’Iraq, car l’armée la plus sophistiquée ne peut rien contre des combattants de style commando. Le Vietnam l’a déjà prouvé et l’on pourrait reprendre la chanson de Jimmy Endricks, je crois, que les opposants au Président Lyndon Johnson claironnaient en choeur: « Je ne veux pas aller me battre pour défendre les Vietnamiens contre les Vietnamiens ». Hamid Karzaï agent de la compagnie pétrolière américaine UNOCAL, ne contrôle que Kaboul et risque tous les jours de se faire assassiner parce qu’il représente les envahisseurs et ne fonctionne que par accommodements successifs avec les chefs tribaux. Entendre un soldat américain répondre à un journaliste que « même si c’est dur et dangereux, il faut bien botter le cul à ces connards qui obligent les femmes à porter le voile », indique le degré de conviction des soldats de la coalition : ils sont souvent désabusés de combattre un ennemi invisible et tirent à l’aveuglette en provoquant des pertes de civils même pas impliqués dans une résistance justifiée à la coalition militaire. Le commandant américain de la Force a déclaré récemment qu’il lui faudrait au moins 400.000 hommes pour réussir sa mission, au lieu des 47.000 actuels. Mais même avec un million d’hommes il ne parviendrait pas à contrôler ce pays montagneux où plusieurs sommets dépassent les 7000 mètres. Il est inutile et dangereux, et en définitive scandaleux que nous soyons encore présents militairement en AFGHANISTAN, et pire, que nous renforcions notre présence pour confirmer notre retour dans l’OTAN militaire, ce qui est déjà effectif, pour obtenir une avancée dans la construction d’une Europe de la défense dont nos partenaires européens ne veulent pas, de même que les Américains, à moins qu’elle ne soit la force supplétive de l’Alliance dirigée par les Etats-Unis. |
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